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De nombreux mythes présentent la mortalité humaine comme le fruit d'une erreur, humaine ou non, ou d'un oubli. Les hommes seraient originellement immortels, et la mortalité serait une incomplétude accidentelle.

Ce genre de mythe est souvent une forme de théodicée : le/les créateur(s) de l'univers étant bons, et parfaits, comment serait il possible qu'ils y aient introduit la mort ? En en faisant la conséquence du hasard, ou de la faute d'un homme ou d'un animal, on transfère cette responsabilité. L'apparition de la mort est souvent liée à la fin de l'âge d'or.

Trope inverse : la mort fait partie d'un plan.

Exemples Modifier

Religions abrahamiquesModifier

  • Il est assez clair, dans la génèse, que la mortalité est le fruit de l'erreur d'Adam et Ève, pour avoir consommé le fruit défendu. "Il dit à l'homme: Puisque tu as écouté la voix de ta femme, et que tu as mangé de l'arbre au sujet duquel je t'avais donné cet ordre: Tu n'en mangeras point! le sol sera maudit à cause de toi. C'est à force de peine que tu en tireras ta nourriture tous les jours de ta vie,il te produira des épines et des ronces, et tu mangeras de l'herbe des champs.C'est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, jusqu'à ce que tu retournes dans la terre, d'où tu as été pris; car tu es poussière, et tu retourneras dans la poussière." (Gén. 3:17-19, Bible de Louis Ségond )

Mythologies africainesModifier

N.b. "Dieu" désigne ci-après l'être suprême de la mythologie concernée.

  • Un mythe Kposso (Togo) raconte que l'homme s'est rendu au "pays du feu", bravant l'interdiction divine, parce qu'il voulait mourir.
  • Les Massaï de Tanzanie racontent que Dieu veut reserver aux hommes un destin agréable. Il choisit alors Le-Eyo, un homme à qui il donne ce conseil "Lorsque quelqu'un sera pris par la mort, il faudra que tu lui dise cette formule: L'homme meurt et revient; la lune meurt et ne revient pas. Ainsi il sera rapellé à la vie". Cependant, Le-Eyo ne veut l'utiliser que sur ses propres enfants, aussi il laisse mourir des gens, et quand il veut utiliser la formule, plus tard, elle n'a plus aucun effet.
  • Pour les Kambas, Dieu avait prévu de rendre les hommes immortels, mais il se ravisa.
  • Les Asous (Tanzanie) disent que l'homme avait été prévenu que le sommeil était le messager de la mort. Néanmoins, il s'endormit quand même, scellant sa mortalité.
  • Chez les Zoulous, Unkulunkulu avait chargé un caméléon d'annoncer aux hommes qu'ils étaient immortels, mais il se perdit en chemin, parce que fainéant ou . Il changea d'avis et envoya un lézard leur annoncer leur mortalité. Comme le lézard arriva avant, les hommes restèrent mortels.
  • Ce motif des animaux messagers de la mort est relativement courant dans cet espace culturel :
  • Les Metas, du Cameroun, disent que c'est le caméléon qui porte le message de mort, et un lézard qui devait annoncer l'immortalité.
  • Chez les Dagombas, les hommes avaient envoyé un chien annoncer à Dieu qu'ils voulaient être immortels, mais il s'attarda en chemin. Une chèvre le dépassa et mentit à Dieu, disant que les hommes voulaient être mortels.
  • Chez les Bakas d'Ethiopie, il y a même dispute entre Dieu et l'animal. Une grenouille argue envers lui que les hommes doivent mourir, brandissant une motte de terre, symbole de mort, tandis que la vie est représentée par le fruit d'une solanée.
  • Chez les Bodis (Ethiopie) il y a une course entre le serpent (symbole d'immortalité, de par ses mues) et la tortue. La tortue gagne, scellant le destin de l'humanité.
  • Les Mende du Sierra Leone parlent d'une course entre un chien (immortalité) et un crapaud (mortalité).
  • Les Kono du Sierra Leone disent que l'Etre Suprême dit au couple originel et à leur enfant qu'aucun ne mourrait, car il leur enverrait de nouvelles peaux, pour qu'ils puissent se renouveler quand ils vieilliraient. Il envoya donc un chien, chargé des peaux dans un sac. Le chien vit d'autres animaux sur son chemi., festoyant de riz et de citrouilles. Il les joignit et posa son farveau. Durant le repas on lui demanda ce qu'il trasportait. Il racontea l'histoire. Le serpent entendit cette histoire et vola les peaux subrepticement. Quand le Chien fut confonté par Dieu, il dut confesser sa négligence, mais il était trop tard : le serpent garderait les peaux. Depuis le serpent est maudit, devant rester solitaire, loin des villes, et se faisant tuer s'il croise un homme.
  • Les Noupés en font la condition de la procréation. Une tortue pressait l'humanité d'avoir des enfants, car ils en deviendraient mortels, lui avait dit Dieu. Dieu demanda aux hommes s'ils voulaient avoir des enfants à ce prix et ils acceptèrent, comme tous les êtres vivants. Seuls les pierres refusèrent le marché.
  • Un mythe Basa raconte qu'un homme était occupé à amasser des provisions. Un individu, qui se trouvait être la Vie, l'invita à le suivre. L'homme, affairé, refusa. Plus tard, un autre individu l'enjoint à l'accompagner. Il s'enfuit avec lui. Il s'agissait de la mort, cette fois.
  • Les Lamba de Zambie disent que le chef était nomade, mais voulait s'installer et cultiver la terre. Il n'avait pas de graines aussi, il en envoya chercher auprès de Dieu. Dieu donna à ses messagers de petits colis en insistant fermement pour que certains ne soient pas ouverts. La curiosité des messagers fut bien sûr excitée par l'interdit, et la nuit venue, à leur campement, ils l'ouvrirent, la mort s'échappa du colis et se répandit sur le monde. Voir Trope : Interdiction d'ouvrir un colis
  • Les Illa de Zambie disent que le premier homme et la première femme durent choisir entre deux sacs, l'un contenant la vie, l'autre la mort, et brillant d'une lumière alléchante. Ils choisirent le deuxième. Quelques jours plus tard, un de leurs enfants mourut. Dieu leur donna une seconde chance quand ils le supplièrent. Il ressuciterait leur enfant s'ils s'abstenaient de toute nourriture pendant trois jours. Leur faim devint trop grande et ils ne purent s'empêcher de prendre quelque nourriture. Depuis, les hommes meurent.

Sinon on peut tenter d'envisager le vieillissement comme un processus naturel mais qui aux temps originels avait des remèdes simples, désormais inutiles:

  • Les Basas racontent qu'on couchait simplement les vieillards sous un plant de solanée(symbole de vie), ce qui les faisait rajeunir.
  • Les Dchaggas considèrent que les hommes muaient, comme les serpents, et pouvaient ainsi rajeunir à l'infini, comme on s'imaginait que pouvaient le faire ces reptiles, à cause d'un hasard malheureux, ce processus fut intérrompu et les hommes condamnés à mourir.
  • Un autre mythe était présent chez les Dchaggas. Non contents de pouvoir muer, les viellards pouvaient aussi éclater comme des calebasses et se reconstituer plus jeunes. Un jour, cependant, on leur demanda s'ils voulaient éclater comme des calebasses ou comme des vases d'argiles et ils choisirent la seconde option, rendant leur mort irréversible. (alors qu'on peut réparer des calebasses, pas des vases.)
  • Un autre récit Dchaggas encore raconte que les morts se réveillaient quand ils étaient léchés par une limace.
  • Chez les Gallilas d'Ethiopie, Dieu s'irrite tellement des funérailles d'une corneille qu'il décide de faire mourir les hommes.

(E. Dammann, Les religions de l'Afrique, coll. Payothèque, Payot, Paris, 1978.)

Mythologie grecqueModifier

  • Dans les Travaux et les Jours, Hésiode raconte l'histoire de Pandore, donnée à Epiméthée par Zeus pour se venger de Promethée. Crée par Héphaistos, elle était curieuse, et dotée par Zeus d'une jarre contenant tous les maux du monde. Ne pouvant s'empêcher de l'ouvrir, ce qui lui était défendu, elle maudit l'humanité : la vieillesse, la maladie et la mort s'échappèrent de la jarre et mirent fin à l'Âge d'Or de l'humanité : désormais les hommes vieillissaient et devaient se reproduire pour se perpétuer.